Le projet Extermination touche à sa fin. Il pèse pas moins de 950’000 signes. Le blog restera ouvert pendant l’épreuve de la recherche d’un éditeur complaisant. En attendant les résultats de cette loterie cynique, un dernier extrait tiré du monologue du perroquet.
“L’univers est fait machine pour les enfants et les poètes ; vous n’y comprenez rien. Vous voyez le ciel, vous le regardez, son bleu vous éblouit, le soleil et le soir – les étoiles – vous voyez le ciel et vous ne songez qu’à le tirer, comme un chien, envoyer vos engins, vos missiles, tirer le ciel comme une chienne de vos pines de métal. Le monde, comme vous dites, le monde, pour dire c’est nous ; c’est tout, pas même un mot, pas même un nom, un sobriquet, pour le circonscrire, pour le contenir, le ciel pour le souscrire à votre médiocrité.
Dieu m’a donné des ailes ; vous m’aurez contraint à l’immobilité. Et vous, depuis toujours, condamnés à la poussière que foulent vos pieds lourds, vous convoitez l’impossible, la tête pointée vers le ciel, envieux, butés à vous blesser les orteils, vous crachez votre désarroi en direction de celui qui vous a faits – à son image, et votre égocentrisme s’est emparé d’un état universel, vous détachant du tout, vous rendant insignifiant dans un système que l’exception ne peut pas appréhender – sans comprendre que vos propres glaviots vous retombent sur la gueule. Pleurez, saignez, éjaculez, chiez, vous n’y changerez rien. Vos laides inventions, ces pâles pastiches de la création divine, vont s’écrasant dans vos fourmilières du ciel. Construire, modifier, manipuler, jamais vous ne saurez créer. A l’échelle de l’univers, vous n’êtes pas même un fléau – ce qui, d’une certaine manière, enorgueillirait la plupart d’entre vous. Pas même, non ; de la vermine, médiocre, ridicule, prétentieuse, sotte, fanfaronne, inutile, nauséabonde et merdeuse, perdue dans l’immensité d’un tout qui vous rejette à présent.”

